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Automatisation · Auto-hébergement

Mon serveur à la maison : n8n, Ghostfolio et un bot Telegram sur mon PC

Comment je fais tourner gratuitement un assistant marchés sur Telegram, un suivi de patrimoine et mes automatisations, avec Docker sur un PC Windows. Configuration réelle, limites comprises.

Par Raphael · 29 septembre 2026 · 14 min

Sur mon PC Windows tournent en permanence un bot Telegram qui m’envoie un briefing des marchés chaque matin (en texte et en vocal), un tableau de bord de tout mon patrimoine et les automatisations qui préparent les posts de ce compte. Coût : zéro euro d’hébergement. Voici comment c’est monté, ce que ça consomme vraiment, et les pièges.

Les briques

Outil Rôle Pourquoi lui
Docker Desktop fait tourner chaque service dans un conteneur isolé on installe, on supprime, on met à jour sans salir Windows
n8n l’outil d’automatisation (façon Zapier/Make) gratuit en auto-hébergement, visuel, et on peut écrire du code quand il faut
Ghostfolio suivi de patrimoine (actions, ETF, crypto) open source, les données restent chez moi
Whisper transcription des messages vocaux, en local mes vocaux ne partent pas chez un tiers pour être transcrits
Kokoro synthèse vocale, en local le bot me répond en vocal, gratuitement

1. Docker Desktop

winget install -e --id Docker.DockerDesktop

Il s’appuie sur WSL2 (le sous-système Linux de Windows), installé automatiquement si besoin. Redémarre, lance Docker Desktop une première fois, et c’est prêt.

2. n8n en 20 lignes

Crée un dossier (chez moi Documents\Projets\n8n) avec un fichier docker-compose.yml :

services:
  n8n:
    image: docker.n8n.io/n8nio/n8n
    container_name: n8n
    restart: unless-stopped
    ports:
      - "127.0.0.1:5678:5678"   # accessible uniquement depuis ce PC
    env_file: .env              # les secrets (tokens) vivent ici, jamais dans le compose
    environment:
      - GENERIC_TIMEZONE=Europe/Paris
      - N8N_DIAGNOSTICS_ENABLED=false
    volumes:
      - n8n_data:/home/node/.n8n
volumes:
  n8n_data:

Puis, dans ce dossier :

docker compose up -d

Ouvre http://localhost:5678, crée ton compte propriétaire, c’est parti. Pour mettre à jour plus tard : docker compose pull puis docker compose up -d.

Le détail qui compte : 127.0.0.1:5678 au lieu de 5678 tout court. Sans ça, n’importe quel appareil de ton réseau (ou d’un Wi-Fi public) peut atteindre ton interface n8n.

3. Le bot Telegram… sans ouvrir de port

La méthode classique pour un bot Telegram, c’est un webhook : Telegram appelle ton serveur. Ça oblige à exposer n8n sur Internet. J’ai fait l’inverse : n8n interroge Telegram toutes les minutes (on appelle ça du long polling). Rien n’est exposé, et ça marche derrière n’importe quelle box.

Ce que fait le bot :

  • chaque matin à 8h, il récupère les cours (crypto, indices, or, pétrole, devises), l’indice peur/avidité et les actus de plusieurs flux RSS ;
  • il envoie le tout à Claude (l’IA d’Anthropic) avec une consigne précise : l’essentiel, les tendances, les risques, jamais de conseil d’achat ou de vente ;
  • il me répond en texte et en message vocal (voix générée en local par Kokoro) ;
  • je peux lui poser des questions par écrit ou en vocal, il se souvient des derniers échanges ;
  • il ne répond qu’à mon compte Telegram : n’importe qui d’autre est ignoré.

Pour créer ton bot : parle à @BotFather sur Telegram, commande /newbot, et garde le token dans ton fichier .env. Jamais dans un workflow, jamais dans une capture d’écran.

4. Ghostfolio : tout le patrimoine sur un écran

Ghostfolio se lance lui aussi avec Docker (le projet fournit un docker-compose.yml officiel, avec sa base de données PostgreSQL et Redis). Il suit actions, ETF et crypto, calcule la performance, la répartition, les dividendes.

J’y ai importé tout mon historique d’opérations avec son API d’import, et mon bot Telegram lit le portefeuille pour contextualiser ses briefings. Les données ne quittent pas mon PC.

Astuce : pour les plateformes crypto, crée des clés API en lecture seule. Un outil de suivi n’a jamais besoin du droit de trader ou de retirer.

Ce que ça consomme vraiment

Sur mon PC (16 Go de RAM) :

  • n8n + Whisper : environ 1,1 Go
  • Kokoro (voix) : environ 2,1 Go
  • Ghostfolio et sa base : environ 0,5 Go

Il reste environ 2 Go libres une fois Windows et le navigateur ouverts. Ça passe, mais 16 Go, c’est le minimum confortable. Si le PC rame, j’arrête ce qui ne sert pas (docker compose stop dans le dossier concerné).

Les limites, honnêtement

  • Ça ne tourne que quand le PC est allumé, avec Docker lancé. Pas de briefing à 8h si le PC dort. La solution quand ça devient gênant : un petit serveur en ligne (VPS) à environ 5 € par mois, avec exactement la même configuration Docker.
  • Tu es ton propre administrateur : mises à jour, sauvegardes du volume n8n_data, sécurité des tokens. C’est le prix de la gratuité et du contrôle.
  • La licence de n8n permet l’usage personnel et interne gratuitement, et de construire des automatisations pour des clients ; elle interdit de revendre l’accès à un n8n hébergé.

Les règles de sécurité que j’applique

  1. Tous les services écoutent sur 127.0.0.1, jamais sur toutes les interfaces.
  2. Les secrets dans un fichier .env, jamais partagé, jamais sur GitHub.
  3. Des clés API en lecture seule dès que possible.
  4. Si un service externe doit un jour appeler n8n : un Cloudflare Tunnel limité au seul chemin nécessaire, plutôt qu’un port ouvert sur la box.

En résumé : Docker Desktop, un docker-compose.yml par service, tout en 127.0.0.1, les secrets dans .env. Avec ça, un PC Windows devient un petit serveur d’automatisation gratuit. Et le jour où tu veux qu’il tourne 24h/24, tu déplaces les mêmes fichiers sur un VPS.

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